Interview : 5 questions à Mondkopf

Début juin 2022, Mondkopf sortait Spring Stories, un album assez étourdissant, entre drone et post-rock. On en a profité pour poser à Paul Régimbeau nos 5 traditionnelles questions.

Mondkopf

© Frédéric D. Oberland

Pour son nouvel album, Paul Régimbeau alias Mondkopf a investi le territoire du drone et du post-rock avec des morceaux inspirés entre autres par Master Wilburn Burchette & Robbie Basho, Earth et Sunn O))). De la musiques grondante, menaçante, prête à exploser et que l’on imagine venue des profondeurs de la Terre.

1. Qui est-tu Mondkopf ? Comment te définirais-tu ?

Je m’appelle Paul, je suis musicien, un peu flemmard, j’ai l’esprit qui divague trop facilement, j’aime apprendre par moi-même et de manière empirique. C’est sûrement pour cela que je n’arrive pas à me cantonner à un seul style de musique, j’ai un besoin de découverte continuel. Je suis les chemins qui s’ouvrent devant moi, souvent à l’instinct.

2. Quelles sont tes principales sources d’influences ?

Les textures sonores, les harmonies, l’énergie, la sincérité. Quelque soit le style, ces choses-là me donneront de l’émotion si mes points sensibles sont touchés. Les gens aussi m’inspirent, en me partageant ce qu’ils aiment, en jouant avec moi, ou en faisant des choses horribles, ce qui m’évite de les refaire…

3. Comment composes-tu ta musique ?

Depuis toujours je compose, enregistre, mixe chez moi. Si besoin, je fais enregistrer quelques instruments par des collaborateurs. J’ai commencé à faire de la musique grâce à Reason et Ableton, deux logiciels de musique, mais je n’ai gardé que Ableton, qui me sert surtout à enregistrer, éditer et mixer.
Pour mon dernier album Spring Stories je n’ai utilisé que ma guitare, mon pédalier et un système de synthé modulaire. Je cherchais des petits thèmes, et j’improvisais avec. Puis j’ai demandé à Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul, mes deux partenaires de Oiseaux-tempête, de créer des arrangements sur quelques morceaux, et à Tony Buck de The Necks de m’envoyer des improvisations de batterie et percussions sur lesquelles j’ai moi-même improvisé.

4. Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

J’aime beaucoup l’album solo Amplified Guitar de Mat Ball guitariste du groupe Big Brave, il est seul avec sa guitare et ses amplis, intimiste et puissant à la fois. Je découvre cette artiste Julia Reidy avec son nouvel album World In World, expérimentations de guitare et d’électronique.

Découverte de l’album Wrecking Ball de Emmylou Harris (très célèbre artiste country que je ne connaissais pas du tout) grâce au super blog Musique Journal et son auteur Etienne Menu. Le fait qu’il soit produit par Daniel Lanois a piqué ma curiosité et je suis tombé sous le charme ! Je me replonge dans Master Wilburn Burchette dont j’adore l’ambiance ésotérique mystérieuse des improvisations à la guitare toutes bizarres, avec une utilisation des effets à bande de l’époque assez tripé. Sinon j’ai une grosse période Morbid Angel, Death et Slayer en ce moment, sûrement pour garder la pêche.

5. Quel est ton meilleur souvenir en matière de musique, cinéma, littérature ?

Musique :
Écouter Endtroducing de DJ Shadow m’a beaucoup ouvert l’esprit. Grâce aux samples j’y ai découvert une tonne de groupes des années 60 et 70 que je retrouvais dans la discothèque de mon père. Je me plongeais dans cet album comme dans un film en essayant de découvrir toutes les influences et détails cachés. Évidemment cet album est davantage que la somme de ses références !

Cinéma :
En rapport avec la musique toujours : Alina de Arvo Pärt dans le film Gerry de Gus Van Sant. Choc émotionnel et esthétique. Un paysage artistique abstrait dont on sort bien après que le film soit fini.

Littérature :
Ma lecture d’Amer Beton de Taiyou Matsumoto au lycée, cette énergie folle du trait et son émotion à fleur de peau ont su cadrer mes goûts.

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Dernier album en date  :  Spring Stories
Miasmah recordings – 3 juin 2022

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