Jean-Michel Jarre – Amazônia

Jean-Michel Jarre emprunte les chemins de l’ambient music pour cet album concept lié à l’exposition du photographe Sebastiao Salgado sur la forêt tropicale. Un travail intéressant sans pour autant être novateur.

Jean-Michel Jarre – Amazônia

J’avoue être resté plus que sur ma faim, pour ne pas dire effaré à l’écoute des derniers albums Jean-Michel Jarre, notamment Electronica 1 et 2, faits de collaborations diverses, pour certaines prestigieuses, mais qui débouchaient au final sur une suite de titres sans la moindre cohérence et, pour certains, sonnant bien cheap pour ne pas dire pire…
N’attendant donc plus grand chose de l’auteur de la sainte trilogie Oxygène / Équinoxe / Les Chants magnétiques, je découvre avec surprise ce nouvel album dans une démarche à l’opposée des précédent Lp, une œuvre sans doute plus modeste, plus confidentielle, mais sans doute aussi plus intéressante….

Car cette fois Jean-Michel Jarre emprunte les chemins de l’ambient music pour cet album concept lié à l’exposition du photographe Sebastiao Salgado sur la forêt tropicale amazonienne au Brésil… La musique de Jean-Michel Jarre étant le pendant sonore de l’expo qui porte d’ailleurs le même nom : Amazônia.

Bien loin des grandes messes synthétiques chères à JMJ, cet album a été composé à partir de field recordings issus de la nature amazonienne ou créés par lui-même. Une démarche qui ramène le musicien aux fondements de son art, quand il a démarré au sein du GRM, composant de la musique concrète aux cotés notamment de Pierre Schaeffer. On se souviendra aussi que, déjà, en 1984, avec l’album Zoolook, il avait utilisé des voix, des chants issus de 20 langues différentes… En 1990 également avec En attendant Cousteau, il avait ajouté à ses musiques des sons d’animaux et de la nature.

L’album qui nous intéresse aujourd’hui n’est pas inintéressant en soi, loin de là, mais au final les sons enregistrés semblent prendre le pas sur la musique qui est finalement réduite à assez peu de choses. Un album qui souffre aussi de la comparaison avec bon nombre de productions ambient actuelles que l’on peut peut entendre sur nos labels préférés et qui s’avèrent souvent plus inventives, immersives, denses et touchantes que cet album… malgré tout le respect que j’ai pour Jean-Michel Jarre, un musicien qui a fait avancer la musique électronique en France dans les des années 70 et dont les premiers albums (jusque Zoolook) constituent la BO de mon enfance.

☆☆☆

Sony Music – 9 avril 2021

 

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