Interview : 5 questions à Losange

Losange propose depuis 2016 des albums dans lesquels on trouve des musiques électroniques dansantes, rythmées un style assez minimaliste. A l’occasion de la sortie de son dernier Ep, on a soumis à Losange (Benoit Baudrin) les 5 questions rituelles de PossibleMusics.

losange

“Qu’est ce que ça donne du Bach mélangé à du Daft Punk ?”  Réponse : “Du Losange”. C’est par cette phare que le français Benoit Baudrin qui sévit depuis quelques années sous le nom de Losange annonçait sur sa page facebook son titre Conflux en 2020. Depuis, ce producteur de musique électronique influencé autant par la musique classique, les musiques modales et traditionnelles que par la pop, a sorti Agate, un nouveau  Ep 5 titres dans lequel chaque titre est accompagné d’un commentaire. Rencontre avec l’auteur de Quartz (2017) et de Soul Chopper (2019) à travers 5 questions / réponses…

1. Qui es-tu Losange ?

Un vieux fou qui fait de la musique pour triper ! Difficile de dire qui on est soi-même. Je dirais que je fais de la musique pour remplir un besoin de sens, de mystique/spirituel.

2. Quelles sont tes principales sources d’influences ?

La musique classique, plus spécifiquement l’ère renaissance, baroque, classique, pré-romantique. Il y a la musique du 16/17eme où c’est très pieux, souvent à caractère religieux, et ça se ressent, et c’est puissant. Et puis il y a l’ère classique, où c’est catchy, joyeux, brillant.
Sinon mes influences sont ailleurs, dans l’informatique, les mathématiques, la philosophie.

3. Comment composes-tu ta musique ?

J’aime bien être minimaliste. N’avoir qu’un seul logiciel, utiliser toujours les mêmes choses. Pour moi c’est comme un jeu, avec toujours les mêmes règles de base. C’est vers ça que j’ai tendu, mais derrière c’est tout un cheminement. Au début forcément on essaie tout ce qui se fait, on suit les conseils, on copie. Et puis petit à petit on trouve une formule qui nous correspond bien. Je ne souscris pas à l’idée qu’un artiste doit tout faire, faire quelque chose de différent à chaque album. Je pense qu’un artiste dit toujours la même chose plus ou moins bien.

4. Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

Alors… Dans mon dossier écoute, j’ai… Du Linda Nicholson qui joue au piano-forte des œuvres de compositeurs italiens du 17ème, comme Scarlatti, Soler, Giustini, Paradisi. Sinon du Thomas Tallis, c’est de la musique anglaise du 16ème, son “Spem in Alium” par exemple c’est à se suicider avec le sourire. Y’a aussi du John Dunstable que je découvre, un peu dans la même veine. Et si je veux quelque chose d’adrénalisant, je mets du Clementi, jouée par Sun-A Park. Et bien d’autres bien sûr… J’écoute beaucoup de musique !

5. Quel est ton meilleur souvenir en matière de musique, cinéma, littérature ?

Hmm si on parle de cinéma, et pour boucler avec la musique, j’ai rematé y’a pas trop longtemps Barry Lyndon, et c’est le genre de film qui me scotche en continu pendant les deux-tiers du film. Chaque plan est digne d’une photo d’un grand photographe, c’est le genre de film où j’ai l’impression de ressentir l’ambiance d’une époque, comme si l’on regardait un film de la pensée d’une personne de ce temps. La fin m’énerve toujours pas contre, je sais même pas si j’ai déjà vu toute la dernière partie, Kubrick était assez pessimiste et sadique dans sa mélancolie je trouve. Il ne peut pas s’empêcher de déglinguer ses protagonistes. En même temps c’est ça aussi la littérature, la dramatisation! La musique est plus pure pour cela, elle s’adapte comme un vêtement à n’importe quelle situation, jusqu’à la plus insignifiante.

Losange – Agate
autoproduit – 13 janvier 2021

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