Interview : 5 questions à Wilson Trouvé

Nouvelle rencontre à travers 5 questions posées à Wilson Trouvé pour découvrir le parcours, les goûts et les influences culturelles de ce musicien français installé en Belgique.

Wilson Trouvé

Wilson Trouvé est un musicien et compositeur qui officie sous le nom de The Blooming White Orchestra pour composer de la musique orchestrale, cinématographique et expérimentale pour la télévision, les films, les bandes-annonces et d’autres projets qui combinent musique et image. Son dernier album, Cinematic Thoughts sorti le 14 janvier, rassemble quinze titres cinématographiques / post-classiques / expérimentaux composés entre 2017 et 2020.
Par ailleurs, il compose sous son propre nom ou sous le pseudo Monochromie des musiques piano solo, néo-classique et post-classique. Son dernier album solo Au fil du temps est sorti le 27 novembre 2020 sur le label suédois 1631 Recordings.

Un univers et un artiste aussi foisonnant que passionnant à découvrir plus en détails à travers notre interview en 5 questions.

1. Qui es-tu Wilson Trouvé ?

Je suis né au Mans (France) en 1980. Artiste plasticien de formation (diplômé des écoles d’art de Rennes et Nice), je suis autodidacte en tant que pianiste et compositeur. J’ai réalisé de nombreuses expositions en France et à l’étranger. Je travaille toujours comme plasticien même si je n’ai plus pour priorité de participer à des expositions. La musique prend le pas sur tout le reste depuis plusieurs années. J’ai toujours baigné dans la musique depuis ma petite enfance; mes parents écoutaient en permanence des vinyles d’artistes aussi variés que Chopin et autres grands compositeurs de musique classique, Jean-Michel Jarre, ACDC, Madonna, Gainsbourg, Tangerine Dream... J’ai donc été depuis le début influencé par la musique classique d’une part et la musique électronique d’autre part. Cela a certainement forgé les bases de ma pratique musicale actuelle. Je composais déjà depuis l’âge de 14 ans avec un synthé 4 pistes Yamaha, puis une groovebox MC303 Roland que je me suis offerte à mes 17 ans, principalement de la musique électronique. Mais tout à (re)commencé autour de mes 30 ans lorsque je me suis acheté un piano ; je vivais alors à Marseille.

En 2011 j’ai commencé à composer sous le pseudo Monochromie et j’ai sorti de nombreux albums depuis, en particulier sur le label Fluttery Records. Plus récemment j’ai décidé de sortir de la musique sous mon vrai nom, plus axé sur le versant classique de ma pratique mais pas exclusivement. Je travaille avec plusieurs labels comme 1631 Recordings, Bigo&Twigetti, Felt Piano Recordings. J’ai aussi sorti des singles sous le pseudo Golden Sleep et tout dernièrement l’album Cinematic thoughts composé sous le projet The Blooming White Orchestra et sorti le 14 Janvier 2021. Ce dernier album est au carrefour de la musique post-classique, cinématique et orchestral, expérimentale également. C’est un album qui reflète ma “face-b” en tant que compositeur; je veux parler de morceaux qui ne sont pas composés exclusivement au piano dans le genre “modern-classical / neoclassical”, et qui s’adressent davantage à l’image. C’est ce que je vise depuis quelques années : composer pour l’image (film, trailer, publicité, documentaire…).

2. Quelles sont tes principales sources d’influences ?

Comme mentionné plus haut, Chopin et Schubert sont pour moi des références incontournables et ces compositeurs m’ont profondément marqué depuis mon enfance. Je citerai aussi Satie et Debussy, sans oublier l’immense Arvo Pärt. Dans le registre post-rock, j’ai été influencé par Sigur Ros, Gospeed You! Black Emperor et A Silver Mt.Zion, également Mogwaï et Explosions in the Sky et quelques autres moins connus. En vrac, j’aime aussi la musique d’Olafur Arnalds, Dustin O’Halloran, Arab Strap, Radiohead, Aphex Twin, Sonic Youth, The National, Migala, Alain Bashung, Hood, Jeff Buckley, et tellement d’autres qui m’ont nourri au fil des années d’un point de vue à la fois musical et émotionnel. J’aime aussi énormément le travail de Jonny Greenwood et en particulier l’album Phantom Thread (original motion picture soundtrack), et celui d’Hildur Guðnadóttir pour Chernobyl  et Joker.

3. Comment composes-tu ta musique ?

Je travaille dans mon studio, chez moi. J’ai un équipement très sommaire. Un Imac, une carte son externe Audient, des enceintes de monitoring Yamaha HS5 et un caisson HS8, quelques Volca de Korg, un piano, 2 claviers midi (Hammer 88 de M-Audio et un Novation Impulse) et l’essentiel de mes inspirations se trouve dans les librairies de samples Spitfire Audio, Native Instruments, et autres éditeurs. J’utilise de moins en moins de sons et bruits urbains que j’enregistre avec un Zoom H4n (que j’ai beaucoup utilisé pour les albums sortis sous le pseudo Monochromie). Aujourd’hui je travaille essentiellement en midi, à part quelques sonorités analogiques qui proviennent de mes Korg Volca. Je compose aussi pour l’image, pour des publicités US en particulier. C’est quelque chose que j’aime faire : composer à partir d’un brief et d’une vidéo. J’espère pouvoir continuer dans ce sens à l’avenir et avoir davantage de contacts avec des réalisateurs par exemple, qui seraient intéressés par mon univers musical et avec qui je pourrais collaborer à l’écriture de la BO de film court ou long, d’un documentaire etc. Je lance une bouteille à la mer.

4. Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

Honnêtement, j’écoute moins de musique qu’auparavant, au plus je compose et je m’immerge dans mon univers au moins j’ai le temps d’écouter la musique des autres. C’est essentiellement dû à un manque de temps. Je suis déjà très occupé entre mon travail comme professeur en école d’art, comme compositeur et comme père d’une petite fille de 2ans… J’écoute beaucoup de piano, et puis je regarde aussi des films et des trailers quand j’ai le temps. Je suis attentif à la musique, à la construction d’une narration en lien avec l’image, car c’est ce que je souhaite faire dans les années qui viennent. Via Spotify, j’essaie de me tenir informé des dernières sorties via des playlists comme “Classical new releases” et autres playlists classiques.
Je suis aussi curateur de playlists sous le label Felt Piano Recordings. Et je reçois aussi les morceaux d’autres artistes via Soundplate, Daily playlists, Groover. Cela me prend aussi du temps d’écouter attentivement ces morceaux, rédiger des feedback et en sélectionner quelques uns pour mes playlists sur Spotify.

5. Quel est ton meilleur souvenir en matière de musique, cinéma, littérature ?

Un concert de Godspeed You! Black Emperor il y a 3 ans je crois, à Bruxelles. J’adore ce groupe découvert par l’intermédiaire d’un ami aux Beaux-Arts de Rennes en 1998.
J’ai beaucoup lu Francis Ponge, Antonin Artaud, Franz Kafka et Georges Bataille pendant mes années aux Beaux-Arts et au-delà. J’ai été profondément marqué par les écrits d’Antonin Artaud.
Question cinéma, j’ai vu énormément de choses et j’avoue ne pas avoir été marqué par un film plus qu’un autre. Peut-être davantage par les classiques d’Hitchcock, De Palma, Lynch, Kubrick, Scorsese et Tarkovski pour en citer quelques uns.

wilsontrouve.com
wilsontrouve.bandcamp.com

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