Interview : 5 questions à Toàn

A la rencontre du français Toàn pour lui poser 5 questions afin d’en savoir un peu plus sur celui qui construit des paysages sonores si beaux et si évocateurs à travers ses musiques.

toan

On a découvert le français Toàn / Anthony Elfort en 2017 avec son premier album Histós Lusis. Un premier album d’une grande richesse sonore et musicale, dégageant beaucoup de douceur et de poésie. On le retrouve en cette fin d’année 2020 avec Volta No Vento, pour 11 titres d’ambient music bucolique évoquant l’espace, la nature, l’enfance, le calme et la tranquillité.

1. Qui es-tu Toàn ?

Eh bien écoute… Je suis musicien électronique, je vis en Bretagne. Je ne sais pas encore complètement qui je suis. J’ai découvert récemment que j’avais une forme d’autisme et je pense que ça influence beaucoup ma musique. J’ai une approche non conventionnelle, sûrement grâce à ça. Je suis autodidacte comme beaucoup et c’est le hip hop qui m’a donné envie de faire mes premiers morceaux.

2. Quelles sont tes principales sources d’influences ?

En ce qui concerne mes derniers boulots, je dirais que ce sont surtout des artistes électro-acoustiques bossant avec de la bande magnétique. (Marcus Fischer, par exemple). J’adore le catalogue 12k, The Gorilla Variations de Molly Berg + Stephen Vitiello a été une réelle claque. Cet album, le travail de Dawid Szczesny ou Sonmi451 ont beaucoup influencé mon esthétique. Après je citerai Nest, Tape Loop Orchestra, Jan Jelinek ou le Dale Cooper Quartet. Comme je disais plus haut, j’ai commencé par le beatmaking, le scratch, mais également par la techno berlinoise. Ce qui fait que j’ai une admiration à vie pour DJ Premier, Pete Rock ou Moritz von Oswald. J’écoute aussi beaucoup de musique trad.(principalement Africaine et Indienne).

3. Comment composes-tu ta musique ?

J’ai arrêté le beatmaking il y a environ 7 ans. Ce qui m’a motivé au début c’est de m’affranchir du rythme et des raccourcis habituels de composition. En tout cas, changer mes propres tics de construction. En cassant la temporalité, en cherchant à fondre ou enchaîner les différentes parties le plus naturellement possible. Voilà, ça c’était l’idée de départ. Je ne dis pas que j’y suis arrivé à chaque fois… Je n’ai pas de gros moyens. Souvent c’est même assez compliqué le budget. Mais je me débrouille et je vis la musique avec passion. Les contraintes me poussent à trouver des solutions, mes solutions. Mon caractère autistique me permet de travailler sur de très longues périodes. Et je m’arrête que quand le résultat me convient. C’est un avantage. Mais, ça fait aussi perdre certaines notions de temps et de priorité. A part ça, J’aime bien les machines, les pédales d’effets… Et aussi les instruments de sonothérapie. Mais je surveille de très près le GAS ! Pour le dernier projet avec IIKKI, j’ai bossé avec des multipistes à cassettes et un magnéto à bandes Akai. Et sinon comment je compose ? En général je design un drone. Une matière dans laquelle je me sens bien, que j’arrive à visualiser et qui peut générer plein d’images. Ensuite je fouille ma collection de musique, j’adapte les tonalités, je rejoue, je bousille des trucs… J’aime bien sculpter le son. Je ne me lasse pas d’ouvrir Sound Forge. J’aime aussi beaucoup le grain des vieux samplers.

4. Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

J’écoute énormément de musique. J’adapte en fonction du moment de la journée. C’est difficile pour moi de répondre. Mais ces derniers temps j’ai beaucoup écouté Zoe Polanski, Rhythm and sound, High tone, Colour Haze, Dub Trio,Wouter Van Veldhoven, Tape Loop Orchestra, Kane Pour… Mais aussi beaucoup ce que l’on trouve chez Home Normal, 12K, Eilean rec., Hibernate, Dronarivm

5. Quel est ton meilleur souvenir en matière de musique ?

Peut-être la fois ou j’ai bossé avec Bertrand Pierre. Je devais avoir 18/19 ans. Je composais de la techno dub et parallèlement du hip hop / trip hop. Je devais sortir un album de tech minimale d’ailleurs à cette époque, mais ça ne s’est pas fait. Bref, par ce petit label Parisien, j’ai été mis en contact avec Bertrand qui cherchait une personne pour booster un peu ses parties rythmiques et essayer de rendre plus « électro » son projet en cours. J’ai travaillé de chez moi au début puis, vu que ça se passait bien, je suis allé faire une session de plusieurs jours dans son home studio. C’était la première fois que l’on accordait une telle valeur à ma musique. Une confiance. Et L’ex Pow Wow m’a reçu avec énormément de simplicité et de gentillesse. C’était vraiment chouette.

%d blogueurs aiment cette page :