Interview : 5 questions à Vague Imaginaires

Nouvelle rubrique sur PossibleMusics avec 5 questions récurrentes posées à un artiste, un producteur de musique. Le premier à s’y coller, c’est Denis Morin de Vague Imaginaires.

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Et on peut dire que le garçon est aussi passionné que volubile. Une passion très communicative qui  donne en tout cas très envie de découvrir les goûts musicaux de ce garçon dont on a salué récemment le dernier album (L’île D’or) paru sur Not Not Fun Records.

1. Qui es-tu Vague Imaginaires ?

Je suis Denis Morin, artiste sonore… je dis ça non pas par prétention mais parce que ça me laisse le maximum de champ libre pour m’exprimer avec le son sans avoir de style préconçu en tête. En tout cas, je suis plus compositeur que musicien (je n’ai pas d’énorme compétence). J’aime l’idée d’être créateur d’univers et je porte une attention particulière à ce qu’ils soient originaux et sonnent de manière singulière. Je travaille donc pas mal la post-production avec toutes sortes d’effets que je trouve en expérimentant. Je suis aussi beaucoup attaché à l’aspect narratif de la musique. À part ça je suis papa et je propose des ateliers ou des cours autour du son que ce soit radio ou M.A.O.

2. Quelles sont tes principales sources d’influences ?

Je me suis fixé sur pas mal de personnes dont j’ai essayé de tirer le maximum tout en me nourrissant des différences et incompatibilités de goût ! Je suis redevable à l’équipe du label 12th isle d’abord à Stewart Brown en qui j’ai trouvé un véritable “frère de son” puisqu’à l’époque ou je l’ai connu (il y a 13 ans), je me suis remis à chercher et à écouter beaucoup de musique électronique. Désormais, il est une figure privilégiée pour l’élaboration de mes musiques… on se soumet nos doutes et on combine nos obsessions perfectionnistes.
Ensuite, il y a Fergus Clarke parce que c’est un digger exceptionnel que je continue d’espionner régulièrement en écumant ses mixes sur sa chaine youtube… mais qui ne s’épuise jamais, il va toujours plus loin dans les trouvailles c’est hallucinant !

Beaucoup plus jeune, à part la petite collection de vinyles de mon père et l’amour de la musique classique de ma mère, je me suis surtout fait éduquer, comme beaucoup, par la radio… moi mon crédo c’était Max (Le star system, sur Fun Radio), particulièrement les trucs qui passaient très tard le soir : les mixes booty house de Laurent Garnier, les quelques rares mais tellement tarés monologues et surtout la série d’émissions “balade nocturne” dont j’ai encore les enregistrements sur cassette et qui m’a terriblement influencé, me faisant découvrir l’univers des musiques contemplatives, de l’ambient techno à la musique new age, en passant par Dead Can Dance. Entre temps, quand j’étais en fac de philo, je tripais plutôt sur le rock progressif psychédélique du genre de Deep Purple à Yes en passant par Pink Floyd bien sur ou Camel et Chick Corea. Mais si je n’avais à retenir qu’une influence, ce serait peut-être tout bêtement Vangelis que j’ai écouté depuis le début et que j’écoute encore beaucoup ! La musique sérielle aussi… je suis fasciné par la répétition.
Maintenant, pour savoir ce que j’écoute, on peut aller voir mes likes sur soundcloud ou ma wantlist bandcamp. Le monde est tellement riche de nouvelles musiques toutes plus fantastiques les unes que les autres ! Et j’écoute de la musique littéralement tout le temps, c’est l’ivresse sous-jacente de mes ivresses quotidiennes.

3. Comment composes-tu ta musique ?

J’essaie d’être quelqu’un sans aucun principe donc je me laisse de large possibilité d’élaboration ce qui rend ma musique assez versatile, heureusement qu’il y a des gens pour m’aider à la sélectionner aux moments décisifs comme Britt Brown du Label Not Not Fun par exemple.
Je peux tout de même dire que souvent je pars d’un field recording que j’ai enregistré et qui représente pour moi une ambiance à exploiter ou plutôt à enchanter. Je le travail sur Ableton live avec tous les plug que je peux tester, je le découpe, je le purifie, en quelque sorte ou je le crade ça dépend ; je le sample aussi, et dessus, suivant mes intentions, je programme un petit drum kit avec différent moments que je shape assez vite pour qu’il soit un peu singulier ou alors je sors un de mes synthés, la plupart du temps un contrôleur et un vst parce que je me suis pas ruiné encore avec le hardware…J’ai cependant un Roland D-50 que j’aime beaucoup, c’est le synthé de mon adolescence… j’en tire beaucoup d’inspiration mais je l’ai encore très peu enregistré, j’espère que ça viendra ! J’ai vraiment tripé sur le contrôleur Push j’ai le 1er je pense investir dans le 2 un jour mais en ce moment je suis pas mal retourné sur un clavier j’aime bien aussi savoir quel note je joue. Et bref je cherche des sons et je vois comment je peux les jouer sur le field recording et parfois le rythme que j’ai tous deux mis en boucle avec souvent des effets aléatoires pour que je ne me lasse pas, et là j’enregistre tout en audio et en midi souvent sur plusieurs heures parfois sur plusieurs jours, il faut vraiment que je m’imprègne de l’ambiance et qu’elle se lie avec mon humeur du moment, mes aspirations profondes.
Ensuite je passe et repasse dessus jusqu’à ce que je n’en puisse plus je le laisse alors reposer pour le réécouter avec des oreille un peu neuve ou dans différent endroits, il m’arrive de le faire écouter bref si le morceau me porte je deviens un peux obsédé par toute les corrections que je pourrai lui offrir sans le détruire !

4. Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

Roberto AglieriRagapadani ressorti sur Archeo Recordings
La compilation Oto No Wa: Selected Sounds Of Japan 1988-2018 sortie sur music for dreams
The Primitive Painter album éponyme ressorti sur le label Apollo
Jean-Emmanuel RosnetStories concerning the heroes and rituals
Les dernières sorties Not Not Fun !
Aucuba Replica – avec l’album Atsume あつめ 
URA avec l’album Blue (fascinant)
Green-HouseSix Songs for Invisible Gardens
OCAAging
LilipuluFour Amazing Tracks
Mat Eric Hart – Spirits & Reflections sortie sur Aural Canyon
Piero Milesi & Daniel BacalovLa Camera Astratta
Rainforest Spiritual EnslavementPanama Canal Left-Hand Path
Eblen MacariAltiplano (sublime)
LF58 ‎– Alterazione sortie sur Astral Industrie
Admas ‎– Sons Of Ethiopia
Serge BlennerEquateur avec ce morceau de ouf découvert sur l’excellent channel de Growing Bin :
Daniel Lentz ‎– After Images
ENBlue Pink Orange White
Serge Fabriano ‎– Digital Caresse
Federico DurandFlor Imaginaria

Je m’arrête là parce qu’il y a aussi tout les vinyles qui tournent en boucle du genre Sven GrünbergAnima 1977-2001 et plein d’autres classique dont je ne me lasse pas.

5. Quel est ton meilleur souvenir en matière de musique, cinéma, littérature ?

Littérature :

La généalogie de la morale de Nietzsche quand j’avais 18 ans ça m’a vraiment habité ! La lecture de la trilogie divine de Philip K Dick avec ce moment où il commence à te convaincre comme des failles dans la réalité qui s’ouvre et tu te demande si tu va finir libéré de la réalité paralysante la “prison romaine” ou interné en hôpital psy ! (rires)
Sinon le dernier DamasioFurtif : sentir à nouveau la possibilité de l’engagement, le rêver.

Musique :

Un de mes plus beaux souvenirs en musique c’est 24h de musique à mixer sans interruptions sur la plage de Beauduc pour les potes et les passants qui viennent me remercier ! Voir et entendre Theo Parrish mixer…Lire Les mondes d’Aldebaran en écoutant Pauline Anna Stroom et d’autres classiques du genre en vinyle… La paix et l’excitation de l’enfance retrouvé !

Cinéma :

Realité de Quentin Dupieux. Génial ! Avec quelque chose comme une sorte de rire kafkaïen ^^; Les garçons sauvages aussi j’ai trouvé ça vraiment psychédélique ! Il y en a d’autres mais faut dire qu’entre le confinement et un enfant en bas âge, le cinéma ça fait un moment que j’ai pas pris le temps de m’y intéresser de près.

https://soundcloud.com/meteoreve
https://vagueimaginaires.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/MorinArchipels

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