Konejo – Snapping Back In

Dans ce premier album du français Konejo on se fait un film imaginaire grâce aux 18 titres composés à partir de fragments de bandes originales et d’extraits de dialogues. Une bel exercice de style.

Konejo - Snapping Back In

L’art du sanpling, à donné à la fin des années 90 sans doute ses plus belles œuvres, à commencer par l’album Endtroducing de DJ Shadow. Du côté français, bon nombre d’artistes de la French touch ont connu leur heure de gloire grâce à des morceaux bâtis sur des samples de vieux vinyles de funk, soul, jazz transformés en boucles magiques.
Une manière “brute” de faire de la musique qui est moins courue aujourd’hui, en tout cas qui a bien évolué, notamment dans le hip hop,  mais se perpétue encore malgré tout, à l’image du premier album de Konejo, Snapping Back In, qui est composé en grande majorité de samples extraits de bandes originales des films, avec également ici et là pas mal de bouts de dialogues de films, parfois un peu anxiogènes (Culture Gap).

On reconnaitra par exemple Ennio Morricone (Escaping Attraction), l’intro de Melody Nelson de Serge Gainsbourg (Long Distance Backstabber), mais dans l’ensemble les samples restent heureusement plus obscurs. Des samples accompagnés sur quelques titres par des beats hip-hop lourds et lents dans un style qui peut rappeler par moment les premiers albums de Scorn avec ces sonorités ambiant dub sombres, dérangeantes et assez prenantes (Customs Purgatory).
Un album remarquable par sa science du collage, avec une association de fragments sonores venus de divers films et qui finissent par raconter une toute nouvelle histoire.

☆☆☆☆

autoproduit – 14 novembre 2020

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