Piano Cloud Series – Volume V

Depuis 2016, avec une belle régularité le label suédois 1631 Recordings nous invite à découvrir sa sélection de pièces de piano solo. Déjà le 5e volume de leur Piano Cloud Series !

Pochette

Disons le haut et fort, on suit avec beaucoup d’intérêt les sorties du label suédois 1631 Recordings initié en 2015 par David Wenngren alias Library Tapes. Un label qui fait la part belle au néo-classique, à l’ambient et donc au Piano Solo tellement en vogue actuellement.

Le problème de ce type de compilation gourmande (50 titres quand même !), c’est qu’à force de vouloir offrir, elle finit par en oublier d’être sélective. On entend toujours dans cet exercice de très belles choses comme des pièces beaucoup plus anecdotiques. Les artistes dont on aime les travaux viennent confirmer tous les espoirs que l’ont peut placer en eux… et on fait parfois aussi quelques belles découvertes.

Ce Piano Cloud Series Volume V ne déroge pas à cette règle. On tombera encore une fois sous le charme du Wanderer du français Moinho, sous la beauté limpide de la Sérénade de Dominique Charpentier, la constance admirable d’Akira Kosumera ou de Library Tapes, le Theben  d’Oskar Schuster.

Mais d’autres artistes ne laisseront pas un souvenir impérissable. On n’aura pas la méchanceté somme toute gratuite de les citer ici mais on a bien envie de les renvoyer à leurs chères études des partitions de Chopin, de Bill Evans tant il y a de la prévisibilité et de l’ennui dans des compositions paresseuses.

 

Simeon Walker vient encore confirmer tous les espoirs que l’on peut ressentir face à ses textures savantes et radieuses comme sur ce Absolution, peut-être un des sommets de cette compilation.  Autre petit défaut du disque, certaines pièces sont peut-être trop courtes, installant un sentiment de frustration et ne laissant pas le temps aux climats de s’installer. Le piano de Masaki Kawasaki sur Winter Hymn en perpétuelle hésitation entre orientalisme et romantisme à la française nous irrite l’attention et se terre en nous. Les petits traits pointillistes d’Olivia Belli sur Out Of The Deep distillent assurément une magie magnétique tandis que Flow State Desnuda Waltz 1 par Danny Muhlern assume totalement une concision digne d’un haiku pour cette part d’énigme qui reste longtemps après le silence des notes. Sur N.94, Dmitry Evgrafov nous place en apesanteur dans une tranquillité que l’on ne voudrait jamais quitter.

Vous l’aurez compris, ce Volume V des Piano Cloud Series du label 1631 Recordings pêche non pas par orgueil mais par générosité. On excusera toujours plus facilement l’altruisme d’un geste au mercantilisme aveugle. Il faudrait être bien cynique pour se refuser le plaisir du moment auquel nous invite le label suédois. Il faudra juste savoir laisser de côté les joyaux et délaisser les parties plus brouillonnes.

☆☆☆

1631 Recordings – 01 Mai 2020

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