Clem Leek – Land Air And Sea

Clem Leek n’en finit pas de sortir des merveilles d’épure et ce n’est pas Land Air And Sea, son nouvel album qui viendra encore contredire cette évidence.

Clem Leek

Parlons peu mais parlons bien. Comme nombre d’entre vous, j’échange sur les réseaux sociaux avec mes congénères humains, de manière souterraine le plus souvent. Avec l’ami Benoit, on se faisait la remarque l’autre jour qu’il n’y a pas une semaine sans la sortie d’un beau disque de Piano Solo. Certes, ce type d’albums sont dans l’air du temps, « à la mode » pourrait-on dire.

Clem Leek, lui, n’en a que faire des modes ou plutôt il est de ceux qui font les modes. Depuis des années, l’anglais travaille une matière sonore à base de guitares, de piano, de drone mais toujours chargé d’une mélancolie divinement néo-classique.  Land Air And Sea serait le penchant le plus romantique de Clem Leek avec un lyrisme assumé pas si éloigné d’une scène asiatique qui irait de Flica au label Schole mais aussi à l’école française. Toutefois, Land Air And Sea n’est pas à proprement parler un disque de piano solo, du moins totalement. Certaines plages comme Sea évoqueront le Tim Linghaus de Memory Sketches (2018) quand d’autres se rapprocheront du chef d’oeuvre de Clem Leek, le sublime Rest (2013).

Le titre à lui seul donne beaucoup d’indices sur les climats du disque, Land Air And Sea. Ce sera un disque à la fois terrien, enraciné fermement dans le sol et ses racines. Aérien également, fuyant les certitudes à l’image du splendide Lake. Liquide aussi comme un radeau qui dérive à vue, une lente mais nécessaire errance.

Clem Leek signe encore une fois une oeuvre forte au parfum singulier, à l’élégance délicate, un son que l’on reconnaît immédiatement. Ce que l’on appelle une identité, un regard peut-être.

☆☆☆☆☆

Yen – 28 février 2020

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